ÿþ<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=unicode"> <meta name="Author" content="Vassil Karloukovski"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <title>G. Fussman - Documents epigraphiques kouchans - 1.8b</title> </head> <body> <font face="Palatino Linotype"> <b><font size="4">DOCUMENTS ÉPIGRAPHIQUES KOUCHANS</font></b><font size="4"> <br></font><b>G. Fussman</b> <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype"><b>I.  INSCRIPTIONS ET ANTIQUITÉS DU DA`T-E N<img SRC="ag_ch.jpg" height=18 width=14 align=ABSBOTTOM>WUR</b> <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype"><b>8. Conclusions historiques</b> </font> <p><font face="Palatino Linotype"><i>b. Les kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a et l'iranisme</font></i><font face="Palatino Linotype"> </font> <p><font face="Palatino Linotype">Quels que soient les rapports de DN III et de l Mrmu<img SRC="r_t.jpg" height=15 width=10 align=ABSBOTTOM>+, il me paraît sûr que la langue de DN III est une langue iranienne locale. Nous avons montré les similitudes existant entre l écriture de DN III et la <i>kharos</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">t</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">h+</i> d époque <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>. Il est donc vraisemblable que la langue de DN III ait été notée pour la première fois à l époque <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>. C est le résultat d une politique délibérée. </font> <p><font face="Palatino Linotype">On n a pas assez remarqué, je pense, à quel point les souverains <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> avaient favorisé un retour à l iranisme. L abondance des documents indiens, des inscriptions prakrites, des dédicaces bouddhiques, les penchants&nbsp;[ivaïtes attestés par le monnayage de Wima Kadphisès, le rôle de protecteur du bouddhisme légendairement attribué à Kanis</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">ka, </font> <p><font face="Palatino Linotype"><img SRC="line_down.gif" height=18 width=596> <br>35 </font> <p><font face="Palatino Linotype">tendaient à faire croire que l empire <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> appartient avant tout à l histoire indienne. Par ailleurs la nature des discussions sur la naissance de l art du Gandhra, à qui l on attribuait tantôt des origines grecques, tantôt des origines romaines, fit que, alors même qu il affirmait la nature gréco-iranienne de l art <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>, M. SCHLUMBERGER insistait davantage sur les apports grecs que sur le fond iranien: témoins le titre même de son bel article <i>Descendants non méditerranéens de l art grec</i> <a href="#117.">[117]</a>, et du livre qui en fut la suite <i>L Orient Hellénisé</i> <a href="#118.">[118]</a>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Il nous semble que cet éclairage est partiel, et que les <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> ont été plus iranophiles que philhellènes. On discerne dans leur politique comme un nationalisme avant la lettre. On dirait qu il y a une volonté de rupture avec la Grèce ou ce qui restait de Grèce dans les royaumes indo-grecs. Qu on ait écrit en grec, qu on ait cultivé le grec dans ces royaumes, nous le savons par les inscriptions d A[oka <a href="#119.">[119]</a> et d Aï Khanum <a href="#120.">[120]</a>. Lorsque les <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> rédigent des inscriptions officielles, ce n est plus en grec, c est dans les langues locales, indigènes: en moyen-indien à Mathur<a href="#121.">[121]</a>, en bactrien à SK, en kamboj+ au DN. Et pour ce faire, ils doivent doter les langues iraniennes parlées dans leur empire de systèmes d écriture nouveaux. C est le cas à SK, à DN III, mais aussi à Tumsuq et Khotan dont les dialectes saka sont notés dans une écriture dérivée de la <i>brhm+</i> d époque <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i><a href="#122.">[122]</a>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Le rejet de l héritage grec est particulièrement visible sur les monnaies. Le type du revers mis à part, le monnayage d Héraios est encore purement gréco-bactrien: tétradrachmes, de poids attique, avec le portrait du chef au droit et une légende grecque au revers <a href="#123.">[123]</a>. Et si le cavalier du revers rappelle au numismate les monnaies d Azès, il pouvait rappeler aux Bactriens les Dioscures à cheval d Eucratide ou le cavalier des tétradrachmes attiques de Philoxène <a href="#124.">[124]</a>. Kujula Kadphisès imite consciemment le monnayage existant, avant son arrivée au pouvoir ou avant sa conquête, dans les diverses parties de son empire <a href="#125.">[125]</a>. Il continue même pendant un certain temps à frapper des monnaies au type et au nom, ou partiellement au nom, d Hermaios <a href="#126.">[126]</a>. Avec Wima Kadphisès, les choses changent. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Le système monétaire ne repose plus sur un bimétallisme argent-bronze, mais sur un bimétallisme or-bronze. Quelles qu en soient les <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="117."></a><b>117.</b> <i>Syria</i>, 1960, pp. 131-166 et 253-318. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="118."></a><b>118.</b> Collection l Art dans le monde, Paris, 1970. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="119."></a><b>119.</b> Voir les analyses de L. ROBERT dans <i>JA</i>, 1958, pp. 1-48 et dans <i>Comptes Rendus de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres</i>, Paris, 1964, pp. 1-15. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="120."></a><b>120.</b> L. ROBERT, «De Delphes à l Oxus», <i>Comptes Rendus de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres</i>, 1968, pp. 416-457. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="121."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>121.</b> Inscriptions sur les statues de souverains <i>kus</i></font></font><i><font size="2"><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font></font><font size="2" face="Palatino Linotype">a</font></i><font size="2" face="Palatino Linotype">: LÜDERS, <i>Mathur Inscriptions</i>, unpublished papers edited by Klaus L. JANERT, Göttingen, 1961, pp. 131-147. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="122."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>122.</b> H. W. BAILEY, <i>Handbuch der Orientalistik</i>, I, iv, <i>Iranistik</i>, I, <i>Linguistik</i>, Leiden, 1958, p. 136. L appartenance des oasis du Tarim à l empire <i>kus</i></font></font><font size="2"><i><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</font></i><font face="Palatino Linotype"> n est pas entièrement sûre. Voir ROSENFIELD, <i>Kushans</i>, pp. 42-43, et E. G. PULLEYBLANK, <i>Kanis</i></font><i><font face="Arial Unicode MS">#</font></i></font><font size="2" face="Palatino Linotype"><i>ka Papers</i>, pp. 254-255. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="123."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>123.</b> Voir en dernier lieu D. W. MACDOWALL et N. G. WILSON, «The references to the Kus</font></font><font size="2"><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font></font><font size="2" face="Palatino Linotype">as in the Periplus and further numismatic évidence for its date», <i>NC</i>, 1970, pp. 224-227. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="124."></a><b>124.</b> R. CURIEL et G. FUSSMAN, <i>Le trésor monétaire de Qunduz</i>, Mém. DAFA, t. XX, Paris, 1965, Pl. LIII, n° 626. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="125."></a><b>125.</b>&nbsp; D. W. MACDOWALL et N. G. WILSON, <i>op. cit.</i>, p. 226. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="126."></a><b>126.</b> FUSSMAN, <i>Le trésor monétaire de Qunduz</i>, p. 63. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><img SRC="line_down.gif" height=18 width=596> <br>36 </font> <p><font face="Palatino Linotype">raisons économiques <a href="#127.">[127]</a>, il y a là une rupture politiquement très sensible. On ne voit plus au droit le buste du souverain diadème ou diadème et casqué du monnayage indo-grec ou indo-scythe <a href="#128.">[128]</a>. Le souverain est représenté sur un éléphant, sur un char, trônant, et portant le bonnet iranien. Enfin apparaît au droit le souverain debout, entièrement vêtu du costume de nomade iranien <a href="#129.">[129]</a>. Même si cette posture est imitée du monnayage de Gotarzès II, comme le veut M. MUKHERJEE <a href="#130.">[130]</a>, il n en est pas moins évident qu il y a rupture délibérée avec l héritage indo-grec et affirmation du caractère iranien de la dynastie <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Les derniers vestiges apparents d hellénisme disparaissent sous Kanis</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">ka <a href="#131.">[131]</a>. Dans les légendes monétaires, le grec est remplacé par le bactrien; le titre traditionnel&nbsp;<img SRC="036_1.jpg" height=19 width=148 align=ABSBOTTOM> laisse la place à l iranien&nbsp;<img SRC="021_2.jpg" height=20 width=103 align=ABSBOTTOM><a href="#132.">[132]</a>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Sur les monnaies indogrecques, à l exception de quelques émissions locales en bronze <a href="#133.">[133]</a>, ne sont représentées que des divinités grecques, ou habillées à la grecque. L Olympe masque tous les dieux indigènes, iraniens ou indiens. Dans le monnayage <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>, c est l inverse. Les monnaies de Wima Kadphisès ne nous montrent qu une seule divinité, l indien Siva, dont le caractère indien est souligné par la présence fréquente de son <i>vahana</i>, le buffle Nandin. Sur quelques monnaies de Kanis</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">ka et Huvis</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">ka figurent encore des divinités grecques. Mais elles sont isolées au milieu d un monnayage où sont représentées des divinités indiennes et surtout une foule de divinités iraniennes <a href="#134.">[134]</a>. Là aussi, la rupture est nette, d autant qu au droit, le souverain affirme sans ambi-guité des penchants religieux nettement iraniens: Wima Kadphisès tient le rameau sacré (<i>barsom</i>) <a href="#135.">[135]</a> et inaugure le type <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> du roi tendant la droite vers un <i>autel du feu</i>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">En art et en architecture, la rupture est moins nette. Elle existe cependant. Le temple construit à SK, malgré sa cour à péristyle et son <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="127."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>127.</b> Sur ces raisons, voir MACDOWALL, <i>Kanis</i></font></font><i><font face="Arial Unicode MS" size="2">#</font><font size="2" face="Palatino Linotype">ka Papers</font></i><font size="2" face="Palatino Linotype">, pp. 143-144. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="128."></a><b>128.</b> Sauf rares exceptions: Rosenfleld, <i>Kushans</i>, Pl. II, 22-28. Encore le souverain est-il représenté à mi-corps, alors que les portraits indo-grecs montrent rarement les épaules du souverain et ne descendent jamais plus bas que la poitrine. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="129."></a><b>129.</b> Sur ce costume, voir H. SEYHIG, <i>Antiquités Syriennes</i>, II, pp. 56 sq. et III, pp. 93 sq. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="130."></a><b>130.</b> <i>Nan on lion</i>, Calcutta, 1969, pp. 65-68. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="131."></a><b>131.</b> Traditions artistiques mises à part, évidemment. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="132."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>132.</b> Au même moment, la <i>kharos</i></font></font><i><font size="2"><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">t</font><font face="Arial Unicode MS">#</font></font><font size="2" face="Palatino Linotype">h+</font></i><font size="2" face="Palatino Linotype"> disparaît du revers, qui ne porte plus que le nom de la divinité figurant au revers, écrit en bactrien. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="133."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>133.</b> Divinité de <i>Kapi[+</i>, habillée à la grecque, sur des bronzes d Eucratide: LAHIRI, <i>Corpus of Indo-Greek Coins</i>, Calcutta, 1965, Pl. XVII, 2. Divinité féminine dansant, habillée à la grecque, sur des bronzes d Agathoclès et de Pantaléon: LAHIRI, <i>op. cit.</i>, Pl. II, 9 et XXVII, 11. Stkpa et arbre dans un enclos sur des bronzes d Agathoclès: LAHIRI, Pl. II, 10. Il faut y ajouter les monnaies d argent d Antialcidas où une protome d éléphant figure à à côté d un Zeus trônant (LAHIRI, Pl. IV, 7-11) et celles, du même souverain, où un éléphant figure derrière Zeus (LAHIRI, Pl. V, 12-13). Le cas de la déesse de <i>Pus</i></font></font><font size="2"><i><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">kalavat+</font></i><font face="Palatino Linotype"> est légèrement différent: voir MUKHERJEE, <i>Nan on lion</i>, Calcutta, 1969, pp. 71-76 et FUSSMAN, <i>BEFEO</i>, LVIII, 1971, p. 301. Sur la découverte récente de drachmes d Agathocle représentant au droit Sam</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">kars</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">an</font><font face="Arial Unicode MS">#</font></font><font size="2" face="Palatino Linotype">a, au revers Vsudeva, voir P. BERNARD, <i>Comptes Rendus de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres</i>, 1971, pp. 439-446 et J. FILLIOZAT, <i>Arts Asiatiques</i>, XXVI [1973], pp. 113-121. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="134."></a><b>134.</b> Liste dans ROSENFIELD, <i>Kushans</i>, p. 72. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="135."></a><b>135.</b> ROSENFIELD, <i>Kushans</i>, Pl. II, n°s 26-27. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><img SRC="line_down.gif" height=18 width=596> <br>37 </font> <p><font face="Palatino Linotype">décor de pierre, malgré ses pilastres à chapiteaux corinthiens et ses bases attiques, n est pas un temple grec. C est un temple de plan et de construction iraniens, comme l a très bien montré M. SCHLUMBERGER <a href="#136.">[136]</a>. Tant qu on ne connaissait pas les découvertes d Aï Khanum <a href="#137.">[137]</a>, il était naturel d insister sur ce qu il révélait, par ses emprunts, de l art grec de la Bactriane. Cet art gréco-bactrien, Aï Khanum nous le livre désormais, et bien qu on n y ait pas encore trouvé de temple à la grecque <a href="#138.">[138]</a>, je suis frappé de constater que SK, au lieu de nous montrer une adhésion totale à cet art et à ces traditions, nous fasse surtout penser par son plan aux constructions achéménides <a href="#139.">[139]</a>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Je ne pense pas que ce soit un archaïsme, ou le maintien d une tradition qui n était plus sentie comme achéménide. Il y a, dans les faits que nous venons d énumérer, bien des traits qui font penser à une imitation consciente des pratiques du Grand Roi. Où voit-on des inscriptions rupestres <a href="#140.">[140]</a>, situées dans des endroits inaccessibles, sinon dans l empire achéménide <a href="#141.">[141]</a>? Où voit-on des inscriptions rupestres <i>trilingues</i>, sinon également dans l empire achéménide <a href="#142.">[142]</a>? Quant à la création d un monnayage d or où le souverain est représenté en pied, elle rappelle la création de la darique d or, au droit de laquelle le Grand Roi est représenté en archer agenouillé. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Certes, il serait exagéré de prétendre que, comme les Sassanides <a href="#143.">[143]</a>, les <i>Kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> ont voulu se prétendre les successeurs des Achéménides. Leur statut d envahisseurs récents leur interdisait de le faire. Mais il me paraît évident qu ils ont voulu se présenter dans leurs possessions iraniennes comme les mainteneurs des valeurs iraniennes. Ils ont même pu imiter certaines pratiques achéménides pour apparaître comme les instruments de la revanche iranienne contre les successeurs d Alexandre. C était là un calcul politique habile, car les provinces orientales de l empire achéménide, l Arie et la Margiane de Satibarzanès, la Bactriane de Bessos, la Sogdiane de Spitaménès <a href="#144.">[144]</a>, furent celles qui opposèrent le plus de résistance à Alexandre. La fierté iranienne pouvait y être encore <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="136."></a><b>136.</b> «Descendants...», <i>Syria</i>, 1960, pp. 145-146. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="137."></a><b>137.</b> P. BERNARD et D. SCHLUMBERGER, <i>Bulletin de Correspondance Hellénique</i>, LXXXIX, 1965-11, pp. 590-657. P. BERNARD, <i>Comptes Rendus de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres</i>, Paris, 1968, pp. 263-279; 1969, pp. 313-355; 1970, pp. 301-349; 1971, pp. 385-452; 1972, pp. 605-632. P. BERNARD, <i>Syria</i>, XLV, 1968, pp. 111-151 et <i>Syria</i>, XLVII, 1970, pp. 327-343. P. BERNARD et autres, <i>Mém. DAFA</i>, t. XXI, Paris 1973. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="138."></a><b>138.</b> Le temple qu on y a trouvé est fortement marqué d influences mésopotamiermes: P. BERNARD, <i>Comptes Rendus</i>, 1969, pp. 334-337. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="139."></a><b>139.</b> D. SCHLUMBERGER, «Descendants...», p. 145. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="140."></a><b>140.</b> Comme celles du DN. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="141."></a><b>141.</b> Et chez A[oka, où cet usage dénote une influence achéménide. Voir E. BENVENISTE, <i>JA</i>, 1964, p. 140, pour d autres traces de cette influence. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="142."></a><b>142.</b> L usage de bilingues chez A[oka, à Kandahar (supra, p. 35, note 3), et Darunta (bibliographie dans FUSSMAN, <i>Atlas des parlers dardes et kafirs</i>, Paris, 1972, p. 25, note 5) dénote lui aussi une influence achéménide. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="143."></a><b>143.</b> Voir D. SCHLUMBERGER, <i>Accademia Nazionale dei Lincei</i>, 1966, <i>Problemi attuali di Scienza e di Cultura, Atli del Convegno sul Tema: La Persia e il Mondo Greco-Romano</i>, Rome, 1966, pp. 387-391. </font> <p><font face="Palatino Linotype" size="2"><a NAME="144."></a><b>144.</b> Pour un résumé rapide des événements, voir C. B. WELLES, <i>Alexander and the Hellenistic World</i>, Toronto, 1970, pp. 37-39. </font> <p><font face="Palatino Linotype"><img SRC="line_down.gif" height=18 width=596> <br>38 </font> <p><font face="Palatino Linotype">très vive, et pour les <i>Kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i>, envahisseurs barbares, mais (de race?) et de langue iraniennes, il était plus facile de se présenter comme les mainteneurs, ou les renouveleurs, de la grande communauté iranienne, fière de sa langue, de ses traditions culturelles et.religieuses, que comme les héritiers des souverains indo-grecs <a href="#145.">[145]</a>. </font> <p><font face="Palatino Linotype">Pour s attacher leur possessions indiennes, ils ont dû procéder autrement. Ils ne pouvaient pas s affirmer les successeurs de l empire maurya ou les mainteneurs de l indianité. Mais ils ont favorisé les cultes indiens, bouddhisme et hindouisme, et ils ont utilisé les langues indiennes locales. Rejetant  ou du moins ne mettant pas l accent sur  ce qui pouvait subsister de la civilisation indo-grecque, ils se sont voulus respectueux de la culture et des cultes de leurs sujets au point de paraître indianophiles. C était probablement le seul moyen qu ils avaient de paraître des souverains nationaux. C était une politique habile: le développement et la prospérité de l empire <i>kus</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</i> en témoignent. <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype"><a NAME="145."><font size="2"></font></a> <font size="2"><b>145.</b> Je ne veux pas dire que les <i>Kus</i></font></font><font size="2"><i><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">a</font></i><font face="Palatino Linotype">a se sont montrés systématiquement antigrecs. Leur art suffit à montrer tout ce qu ils ont gardé de l hellénisme, et ils n ont pas hésité à adopter l alphabet grec pour noter le bactrien. Mais je crois que, pour des raisons politiques, ils ont préféré insister sur leur iranité en rompant sur certains points avec l héritage grec. Au-delà des raisons politiques, il y avait d ailleurs un sentiment très réel de fierté iranienne. Comment expliquerait-on autrement que les souverains <i>kus</i></font><i><font face="Arial Unicode MS">#</font><font face="Palatino Linotype">n</font><font face="Arial Unicode MS">#</font></i></font><font face="Palatino Linotype"><font size="2"><i>a</i>, et surtout bien des membres de leur aristocratie, aient conservé jusqu à la fin, même dans leurs possessions indiennes, le costume du nomade iranien? On le voit non seulement sur les sculptures officielles (Surkh Kotal, Mathur), mais aussi sur des dizaines de bas-reliefs gréco-bouddhiques où le donateur a ainsi tenu à marquer, par le port de ce costume si incommode en ces climats, qu il n était ni grec, ni indien, mais iranien. </font> <br>&nbsp; </font> <p><font face="Palatino Linotype">[<a href="fuss1_8a.html">Previous</a>] [<a href="fuss1_8c.html">Next</a>] <br>[<a href="index.html">Back to Index</a>] </font> </body> </html>