DOCUMENTS ÉPIGRAPHIQUES KOUCHANS
G. Fussman
 

I. — INSCRIPTIONS ET ANTIQUITÉS DU DAŠT-E NĀWUR
 

7. Inscriptions en langues et caractères inconnus
 


Inscription DN III
(Pl. V-VIII, fig. 17-22)

Pl. V:
Pl. 5

Pl. VI:
Pl. VI

Pl. VII:
Pl. VII

Pl. VIII:
Pl. VIII
 
Fig. 17 Fig. 18 Fig. 19
Fig. 17 Fig. 18 Fig. 19
Fig. 20 Fig. 21 Fig. 22
Fig. 20 Fig. 21 Fig. 22

DN III (55 cm de large, 35 cm de haut environ) est la mieux conservée des inscriptions. Elle compte neuf lignes d’inégale longueur, fortement inclinées vers la droite, et inégalement espacées: l’interligne diminue du début à la fin de l’inscription. Cette irrégularité rend la lecture parfois difficile. En particulier, il est toujours tentant de confondre les l. 5 et 6 [81].
 

77. °kuśasa ne peut être rapproché de kuṣāṇa qui, en kharoṣṭ, s’écrit khuṣāṇa.

78. La haste gauche du pi de gadapiṇa est ondulée. La même forme se rencontre l. 5.

79. Ou pi, ki, etc.

80. Ou un akṣara incomplet.

81. Le décalage des lignes en cet endroit semble être dû au fait que la première moitié de la l. 6 a été gravée au-dessus d’une érasure. Le lapicide, s’étant trompé en gravant les premiers signes de la l. 6, les a effacés, mais a dû inscrire le début correct de la l. 6 au-dessus de l’érasure, c’est-à-dire dans l’interligne originellement prévu entre les l. 5 et 6.


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Les lettres sont assez profondément gravées, mais leur taille et leur disposition sont irrégulières. Elles sont grandes (2,5 à 3 cm) et régulièrement espacées en début d’inscription, plus petites et plus serrées à partir de la l. 4. L’inscription n’ayant pas été martelée, les cas où l’on hésite sur la forme d’une lettre sont rares: seule la l. 7 présente des lacunes importantes. Il est d’ailleurs facile de constater que la fin des lignes est intacte: à l’exception de la l. 8. chacune des lignes se termine par une haste verticale qui ne peut être qu’un signe dé ponctuation (et en ce cas DN III serait rédigé en vers) ou un indicateur de fin de ligne.

L’écriture de DN III n’est pas déchiffrée, mais elle n’est pas entièrement inconnue. A SK a été découverte une inscription peinte [82] sommairement publiée par MARICQ [83] et dont l’étude permet d’assurer la forme de certains signes de DN III [84]. Mais la combinaison des deux textes ne permet ni d’interpréter les signes, ni même d’en dresser un inventaire sûr [84]. On doit se borner à noter les analogies — sinon la parenté — de l’écriture de DN III et de l’écriture kharoṣṭ.

    a) Elle se lit de droite à gauche.

    b) Elle est syllabique, les voyelles autres que (?) étant indiquées par des marques diacritiques.

    c) Beaucoup de signes rappellent par leur forme des akṣara de l’écriture kharoṣṭ d’époquekuṣāṇa.
 

1) Le début et la fin des lignes étant assurés, l’alignement se faisant à droite, il est clair que les inscriptions doivent se lire de droite à gauche.

2) Une simple étude de la fréquence des signes montre que l’écriture n’est pas alphabétique, mais syllabique. Chaque signe représente soit un groupe consonne plus voyelle, soit une voyelle isolée. Dans les groupes consonne plus voyelle, le timbre de la voyelle est indiqué par une marque diacritique, comme on s’en rendra compte en consultant le tableau de la Pl. VIII.

Nous avons relevé onze marques diacritiques, dont deux au moins sont douteuses. Supposons que, comme en kharoṣṭ, l’une représente -r- - post-consonantique et une autre la nasalisation, ajoutons la voyelle inhérente à chacun des akara [85]: l’écriture de DN III permet de noter au moins huit et peut-être dix voyelles ou diphtongues, soit trois
 

82. Fig. 22 et Pl. VII.

83. MARICQ, JA, 1958, p. 417, n° 7. Nous reproduisons ici in extenso le texte de MARICQ.
«Inscription peinte (Pl. IV). Fragment de bloc trouvé le 21 octobre 1954. Le fragment est lui-même brisé en deux morceaux. Hauteur: 10 à 11 cm; largeur maxima: 22,5 cm, épaisseur 4,9 cm. La face est parée, et porte une inscription de trois lignes, peinte en noir; hauteur des lettres: 1 à 1,4 cm. Le dos est brisé. Ce fragment, trouvé dans un amas de décombres sur la face interne du mur de soutènement de l’esplanade supérieure (JA, 1955, ibid.), à 2 m environ au-dessus du niveau du sol antique, provient certainement de l’un des parements latéraux de la volée supérieure de l’escalier monumental. La langue et l’écriture de ce texte n’ont pas été identifiées jusqu’ici». Pour les graffiti de Xalčajan, voir ci-dessous p. 27 n. 3.

84. Voir ci-après le commentaire de la Pl. VI.

85. a si la langue de DN III est une langue indienne.


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(ou cinq) voyelles de plus que la kharoṣṭ. Il semble donc qu’elle permette de noter la longueur des voyelles.

On notera par ailleurs qu’un même akṣara peut être modifié par deux signes diacritiques [86]: 9 D, 11 C et D ??, 18B.

Comme dans l’écriture kharoṣṭ, il semble que les groupes consonantiques soient représentés par des ligatures.

3) La plupart des signes de DN III présentent des analogies de forme avec les akṣara de la kharoṣṭ. On peut dresser le tableau suivant:
 
DN III SK peinte kharoṣṭ
1 A saṃ
2 A ma
5 A kṣa
6 A 19 ka
8 A pa
10 A 23, 31 dha
11 E u isolé
12 D ṇi
13 A 24 ḍa
14 A ta
15 A 4 sa, si à boucle ouverte, d’époque kuṣāṇa.
15 B ra
17 A ha
18 A ga
20 17 śi
22 A ba
26 A ña
30 la + ma
7 ja
11 cha

On est donc tenté de lire les signes de DN III comme des akṣara de la kharoṣṭ. Un déchiffrement tenté sur ces bases n’aboutit à rien. De même, il n’est pas possible de repérer des groupements de signes significatifs. La seule séquence qui se répète est  qu’on voit l. 3, l. 7, et peut-être l. 9.

En fait, la clé de DN III est donnée par DN IV. Les deux inscriptions ont été gravées en même temps, à la suite l’une de l’autre; elles paraissent de longueur sensiblement égale; il est difficile de ne pas supposer que l’une est la traduction de l’autre. DN IV est malheureusement très lacunaire; mais la première ligne au moins est sûre. Si DN III est
 

86. La position des signes est indiquée par des coordonnées renvoyant au tableau de la Pl. VI.


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rédigé sur le même modèle que DN IV, la l. 1 de DN III contient une date. Il se trouve que DN III commence par le signe équivalent à kharoṣṭ saṃ = saṃvatsare, «dans l’année». Mais les signes qui suivent ce saṃ ne sont pas des chiffres. On les retrouve à plusieurs reprises dans le cours de l’inscription. Ce sont donc des akṣara de type ordinaire, qu’on peut supposer ici employés avec une valeur numérale comme peuvent l’être les lettres de l’alphabet grec. On voit en effet par SK peinte que les scripteurs de cette écriture inconnue pouvaient utiliser l’alphabet grec: SK peinte comporte quatre α et au moins 3 β.

Après l’indication de l’année, DN IV comporte l’indication du mois: Gapiu. Ce nom de mois doit se retrouver, sous une forme proche, puisque c’est un mot emprunté, dans DN III. Or on trouve l. 1 un signe marqué de deux diacritiques qui, en kharoṣṭ, indiquent que la voyelle est de timbre i (la barre verticale) et u (la boucle en bas à gauche): . Il est donc tentant de transcrire gapiu la séquence .

Si cette interprétation est juste, il est vain de vouloir déchiffrer DN III à partir de la kharoṣṭ. Car les signes ga et pa de la kharoṣṭ semblent représentés à DN III (18 A et 8 A), mais ce ne sont pas ceux que nous venons de transcrire par gapiu. Quant au signe , en kharoṣṭ, il équivaut à ka ou śpa, non à ga. On notera aussi qu’en kharoṣṭ une séquence piu s’exprimerait par deux akara: lorsqu’il y hiatus, la deuxième voyelle s’écrit comme une voyelle initiale.

Si  doit se transcrire gapiu, l’année est indiquée par cinq signes. Il faut donc supposer que  = 200,  = 70,  = 9 et que  signifie «dans l’année». Ce mot se terminerait donc en i, ce pourrait être un locatif. Mais il faut renoncer, pour l’instant, à transcrire  par saṃ, car si  = gapiu, il n’y a aucune relation nécessaire entre la signification des akṣara de la kharoṣṭ et la signification des signes de DN III qui sont de forme analogue [87]. D’autre part, la transcription saṃ ne se justifiait que dans l’hypothèse d’un emprunt au formulaire des inscriptions kharoṣṭ, saṃ étant l’abréviation de saṃvatsare. Or, dans DN III, le mot «année» semble désigné par un mot entier, décliné, non par une forme abrégée.
 

Commentaire de la Pl. VI [88]:
Nous avons essayé de dresser un tableau raisonné des signes de DN III afin de déterminer au moins le nombre de signes simples composant l’alphabet dans lequel cette inscription est écrite. Nous aboutissons à un total de 37 signes qui n’a aucune signification.

    a) Il n’y a aucune raison que la totalité des signes de cet alphabet ait été employé dans DN III. Effectivement SK peinte présente 7 à 9 signes nouveaux [89].
 

87. Mais les marques vocaliques auraient la même valeur en kharoṣṭ et à DN III?

88. Les signes de la Pl. VI ont été décalqués sur le fac-similé de la Pl. V.

89. Si l’on combine les indications de DN III, DN V et SK peinte, il semble que ce type d’écriture ait compté de 9 à 11 marques diacritiques, et de 40 à 55 signes distincts.


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    b) Certains signes peuvent être incomplets et passer pour des signes entiers. C’est le cas, en particulier, des hastes verticales ou obliques dont il est toujours difficile de dire s’il s’agit de signes complets ou de traces de signes effacés.

    c) Un élément d’imprécision supplémentaire est apporté par l’irrégularité de la gravure. Deux signes de forme analogue, mais de taille différente, ont-ils la même valeur? Des signes de forme semblable, mais de tracé légèrement différent [90], transcrivent-ils le même son, ou des sons voisins, ou des sons très différents?

    d) L’existence probable de ligatures, pas toujours reconnues ou au contraires supposées à tort, ajoute un autre élément d’incertitude.

Le tableau de la Pl. VI ne peut donc passer pour un tableau complet, mais seulement pour un essai de classement et de rapprochement des formes.

1.  On n’hésiterait pas à écrire que ces signes sont de forme analogue à kharoṣṭ sa, si le signe 15 A (peu sûr) et surtout le signe 4 de SK peinte ne ressemblaient eux aussi — et plus encore — au sa de la kharoṣṭ d’époque kuṣāṇa. Il n’est pas exclu que les signes 1 A-H, 15 A et SK peinte 4, malgré la différence de tracé, représentent le même son, d’autant que 15 A est peu sûr, et que la différence entre 1 A-H et SK peinte 4 peut être attribué à la différence des techniques d’écriture (gravure en DN III, sur un matériau très dur; peinture au pinceau sur surface lisse à SK).

1 A et peut-être 1 B semblent modifiés par une marque diacritique (début de courbe en bas à gauche).

2.  On a groupé sur cette ligne des signes analogues à kharoṣṭ ma. 2 B, C et D sont modifiés par des marques diacritiques, 2 E-H semblent des ligatures [91]. 2 E semble composé de 11 A (peu sûr) et de 2 A. C’est le même signe que SK peinte 6 et l’élément supérieur de la ligature (11 A?) se retrouve peut-être dans SK peinte 28.

L’élément supérieur de 2 F n’a pas été retrouvé. L’élément supérieur de 2 G et 2 H, malgré les différences de tracé, semble être 15 B [92]. Cette ligature se retrouve dans SK peinte 12.

DN V, l. 2, présente également ce signe, modifié, semble-t-il, par une marque diacritique.

3.  Nous avons groupé sur cette ligne des signes de forme analogue, mais non identique. Il est en fait possible que 3 A et 3 B-C soient deux signes différents. Il est possible aussi que ce soient des signes surmontés d’une marque diacritique (trait vertical au sommet du signe). C’est du moins ce que semble indiquer la comparaison avec SK peinte 2.

Un signe analogue à 3 C se voit l. 2 de DN V.

4.-5.  Seule la proximité l. 1 de 4 A et 5 A permet d’assurer que ce
 

90. Par exemple les signes des l. 6-7.

91. Ceci n’étant qu’une hypothèse, nous avons reproduit 2 E-H comme signes indépendants l. 28, 29, 30.

92. Pour faciliter la comparaison, les signes 2 G-H ont été reproduits à la fin de 15 (15 E-F).


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sont des signes différents. Autrement on eût pu penser que 4 A était la même lettre que 5 A, mais gravée de façon plus anguleuse, avec une marque diacritique (barre verticale au sommet de la haste centrale).  Des formes comme 5 E, 5 F, comparées à 4 G, montrent que de telles différences de tracé sont possibles. Mais l. 1, le tracé des deux signes juxtaposés est trop dissemblable pour que l’on puisse refuser d’y voir deux signes distincts.

Il n’est pas exclu que A 4 soit le même signe que SK peinte 7 et 13, modifié par une marque diacritique. Il faut toutefois remarquer que A 4 est, avec des variantes, un des signes les plus fréquents de DN III. Il serait étonnant que l’on n’y rencontre jamais la forme simple, mais qu’on la rencontre deux fois en SK peinte.

Les variations de taille de ce signe sont considérables dans tout le cours de l’inscription. Il en va de même pour les variantes à marques diacritiques 4 B-D. 5 E représente le même signe, mais avec une seule marque diacritique en bas à droite, et un bas de haste légèrement courbe.

4 E pourrait être le même signe que 4 B-D, mais incomplet. La forme semble cependant confirmée par DN V, l. 2 [93]. Ce signe n’aurait alors rien de commun avec 4 A. Ce serait le même signe que SK peinte 9, modifié par une marque diacritique (trait en bas, à gauche). Je crois voir en DN V, l. 2, un signe qui pourrait être le même que SK peinte 9.

4 G et 5 F-G semblent apparentés à 4 A. Certes, le sommet de 5  F-G [94] est curviligne comme celui de 5 A, mais celui de 4 G est anguleux comme le sommet d’un signe semblable de DN V, l. 2. Il n’est pas possible de dire si ces signes représentent une ligature de 4 A avec un signe inconnu ou si ce sont des signes indépendants. De même, je ne sais quelle importance accorder à la légère courbure du bas de la haste, visible en 5 G et en SK peinte 26.

Une variante de 4 C se voit sur un graffito (tesson) de Xalčajan [95].

6.  Si SK peinte n’eût pas fourni un élément de comparaison, nous eussions volontiers cru que les signes représentés en 6 étaient tous des variantes d’un même signe simple. Mais la cursive de SK peinte prouve qu’il y a au moins deux types de signes:

— 6 A et B, correspondant à SK peinte 19;

—  6 E et F correspondant à SK peinte 8, avec une variante très anguleuse 6 D.

Il n’est guère facile de déterminer à quel type appartiennent 6 C, 6 G et 6 H.

7.  De même, les signes de la l. 7 auraient pu être pris pour des variantes allongées des signes de la l. 6. Mais la comparaison de SK peinte 1, 8 et 19 montre que la variation de taille et la courbure plus ou moins accentuée de la haste de gauche ont chance d’être significatives. 7 A
 

93. Où ce signe peut également être incomplet.

94. Et du signe visible l. 1 de DN V.

95. Tesson incomplet trouvé entre les sols 3 et 3 a de la maison de l’Ouest: PUGAČENKOVA, Xalčajan, Tashkent, 1966, p. 59, fig. 35 (le tesson est la tête en bas) et pp. 91-92. Peut-être aussi sur un fragment de brique, ibid., p. 49, fig. 27.


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(incomplet?), 7 C et 7 D pourraient être le même signe que SK peinte 1, bien que le tracé n’en soit pas identique.

7 B et 7 F pourraient être rapprochés de 6 D et F comme de 7 C et D. 7 E, selon toute probabilité, est plus proche de 7 C-D que de 8 A.

Une variante de 7 C-F se voit sur un tesson de Xalčajan [96].

8.  Le seul signe douteux est 8 E, peut-être composé de deux signes distincts que j’aurais réunis par erreur. 8 C, D et F sont le même signe que 8 A, mais avec des marques diacritiques.

9.  Ce signe que nous avons transcrit p. a la forme d’un mu grec.

9 A est la forme simple, 9 B-D sont des variantes avec marques diacritiques.

10.  La parenté de 10 C et 10 E ne semble pas faire de doute. On retrouve le même signe dans SK peinte 23 et 31. Par rapport à ces deux signes, SK peinte 30 semble présenter la même différence de tracé et d’inclinaison que DN III 10 D par rapport à 10 C et 10 E. Il pourrait donc s’agir de deux types de signes distincts. Les différences de taille et de tracé pour 10 A et B sont également telles que ce pourraient être des signes indépendants. En ce cas, l. 10, nous aurions fait figurer quatre signes distincts, mais de tracé analogue, ce qui semble assez difficile à admettre.

11.  11 B et E sont identiques à kharoṣṭ u initial. Le signe simple pourrait être 11 A, qu’on retrouve dans SK peinte 28, mais le tracé du crochet supérieur est beaucoup plus anguleux et la différence de taille est considérable. Il vaut donc mieux n’établir aucun rapport entre 11 A et 11 B-E. 11 A peut être rapproché de 2 E (= 29 A).

11 C et D sont probablement le même signe que 11 B et E, avec une marque diacritique supplémentaire. Mais ce peuvent également être des ligatures analogues aux ligatures à -r- postconsonantique de la kharoṣṭ.

12.  A priori 12 C et D semblent un même signe, de même forme que kharoṣṭ ṇa, et modifiés par des marques diacritiques différentes. Mais la marque diacritique de 12 C serait sans exemple aussi bien dans DN III que dans DN V et SK peinte. Il n’est donc pas exclu que 12 C et D n’aient rien en commun.

13.  Malgré de légères différences de tracé et de taille, 13 A et 13 C semblent être un même signe, qu’on retrouve dans SK peinte 24. 13 B et D sont modifiés par une marque diacritique, trait ou courbe en bas ? gauche. 13 B a sa contrepartie exacte dans SK peinte 32.

14.  Ce signe, très proche du ta/da de la kharoṣṭ, se retrouve sous sa forme simple en DN V, au milieu de la l. 2 et, pourvu d’une marque diacritique, au tout début de la l. 1. Je ne sais s’il faut en rapprocher 27 A, de proportions fort différentes.

15.  Il est à peu près sûr que 15 C et D sont des variantes de 15 B [97].
 

96. Op. cit., p. 59, fig. 35 et pp. 91-92.

97. Un signe analogue à 15 B se lit en DN V, l. 1. Je crois distinguer le même signe que 15 G en DN V, début de la l. 2.


29

15 D paraît une ligature analogue à kharoṣṭ rta, mais l’on ne peut exclure la possibilité que la lettre soit marquée de deux signes diacritiques (cf. 11 C-D). Les ligatures 15 E-F (= 28 AB = 2 GH) ont été étudiées à propos de 2.

15 A est peu sûr. Il n’y a, dans DN III, aucun signe de même forme, et nous serions prêts à croire qu’il s’agit du même signe que 15 B, dont nous aurions accentué les courbes. Mais un signe très proche se lit en SK peinte (n° 4), ce qui rend douteux le rapprochement entre 15 A et 15 B. Voir le commentaire de 1.

16.  16 A, B, C, malgré de légères différences de tracé, sont à l’évidence un seul et même signe. On est tenté de les rapprocher de SK peinte 20 et 27, mais l’on ne voit pas très bien quelle marque diacritique permet de passer de SK peinte 20 à 16 B, par exemple.

17.  La parenté entre 17 A, 17 E et 17 F est évidente. Le rapprochement avec 17 B-D est moins sûr car il y a de grandes différences de taille et de tracé. La différence est d’autant plus nette que 17 A et 17 B voisi nent l. 7 et que 17 D, E, F voisinent l. 8. Ceci dit, les conditions de la gravure sont telles qu’on peut l’attribuer à la nature du matériau et á la négligence du lapicide.

SK peinte 3 est presqu’identique à 17 E, mais je ne crois pas qu’il y ait un rapport entre SK peinte 29 et les signes de 17.

18.  Les deux signes sont sûrs. 18 B semble comporter deux marques diacritiques (trait vertical en haut et trait horizontal en bas à gauche).

19.  Le signe est incomplet. Il n’est pas exclu que ce soit en fait une variante de 14 E.

20.  20 A et 20 B présentent la même marque diacritique (trait vertical médian). SK peinte 17 y ajoute une marque supplémentaire (trait horizontal en bas à gauche). Le signe simple se voit en DN V, l. 1.

20 C présente des différences de tracé si considérables qu’a priori, il vaut peut-être mieux n’y pas voir le même signe que 20 A et B [98].

21.  Les hastes verticales visibles sur le fac-similé de DN III ne sont pas toutes de même nature. Outre les indicateurs de fin de ligne, il y a des restes de signes à demi effacés (par exemple, selon toute probabilité, 21 C). Mais 21 A semble bien être un signe intact; on le trouve modifié par une marque diacritique en 21 B, par deux marques diacritiques parallèles en SK peinte 9 et DN V, l. 2. 21 D n’est pas clair. Ce pourrait être un signe entièrement différent.

22.  Les deux signes sont sûrs.

23.  Le signe est sûr.

24.  Ce signe est douteux. Je ne saurais garantir l’exactitude de mon dessin, ni affirmer s’il s’agit d’un seul signe ou de deux signes très rapprochés.

25.  Je ne puis assurer que le signe soit complet. S’il est incomplet, on peut songer à le rapprocher de 1 B ou de SK peinte 20 et 27.
 

98. Une variante du même signe se voit peut-être sur un couvercle de jarre à Xalččajan: op. cit., p. 49, fig. 27.


30

26.  Ces signes sont symétriques des signes de la l. 13. Les différences d’inclinaison par rapport à l’horizontale n’ont guère d’importance dans une inscription comme DN III. 26 A, B, C, représentent donc un même son, qu’on retrouve modifié par une marque diacritique en 26 D.

27.  Voir 14.

28.  Voir 2 et 15.

29.  Voir 2.

30.  Voir 2.

31.  Ce signe est probablement incomplet. On peut songer à restituer un des signes de 1.

32.  Ce signe, unique, est sûr.

33.  Ce signe est confirmé par SK peinte 16.

34.  34 B représente un ou deux signes incomplets. 34 A pourrait être intact.

35.  Ce signe est sûr.

36.  Ce signe, placé en fin de ligne, pourrait être une ponctuation redoublée. Le fait qu’il ne soit pas situé à la fin de l’inscription et que la l. 9 se termine par une haste ordinaire fait douter de cette interprétation.

37.  Les deux signes sont sûrs.
 

Commentaire de la Pl. VII:
Nous n’avons pas revu l’inscription peinte de SK. Nous ne la connaissons que par la publication qu’en a faite MARICQ [99] et par une photo de fouille, malheureusement trop peu nette pour être reproduite. L’inscription semble incomplète à droite; elle est sûrement incomplète en haut, car on voit des traces de signes sur le bord supérieur. Elle est complète en bas et à gauche.

Les trois lignes qui subsistent sont comme scandées par des lettres de l’alphabet grec cursif d’époque kuṣāṇa: l. 1, un α et deux β, l. 2, un β [100] et deux α, l. 3 un α. Nous avons reproduit les signes dont le tracé nous paraît sûr dans un tableau qui appelle le commentaire suivant.

1.  Voir Pl. VI, 7.

2.  Voir Pl. VI, 3.

3.  Voir Pl. VI, 17.

4.  Voir Pl. VI, 1 et 15 A. Ce signe est un indice paléographique important. Il reproduit le tracé cursif d’un sa du début de l’époque kuṣāṇa à boucle presqu’entièrement ouverte.

5.  Alpha cursif. Nous n’avons pas reproduit les autres α du texte, dont le tracé est exactement semblable. Signe de numération?

6.  Voir Pl. VI, 2 E et Pl. VII, 28.

7.  Ce signe, que l’on retrouve une autre fois dans SK peinte (n° 13), n’apparaît pas dans DN III. Voir cependant Pl. VI, 4.
 

99. Voir p. 23, note 2. La photo que nous reproduisons fig. 22 est celle publiée par MARICQ (JA, 1958, Pl. IV).

100. Deux b si le signe 25 est un b dont la boucle inférieure serait minuscule.


31

8.  Voir Pl. VI, 7.

9.  Voir Pl. VI, 21.

10 et 11.  Ces signes ne se retrouvent ni dans DN III ni dans DN V.

12.  Voir Pl. VI, 2 G.

13.  Voir SK peinte 7.

14.  Ce signe, qui pourrait être le même que SK peinte 7 et 13, ne se retrouve pas dans DN III. Il semble se trouver chaque fois devant un β. Si ce β est un chiffre, ce signe pourrait être une marque de pluriel.

15. β cursif. Signe de numération?

16.  Voir Pl. VI, 33.

17.  Voir Pl. VI, 20.

18. β cursif.

19.  Voir Pl. VI, 6.

20.  Voir Pl. VI, 16.

21.  Ce signe semble modifié par une marque diacritique (petit trait horizontal partant du bas de la haste gauche). Il ne se retrouve pas dans DN III.

22.  Ce signe, peut-être incomplet, ne se retrouve pas dans DN III.

23.  Voir Pl. VI, 10.

24.  Voir Pl. VI, 13.

25.  Ce signe pourrait être un [3 cursif dont la boucle inférieure serait réduite au trait horizontal qui figure à sa base. Sinon, il faut le rappro cher de SK peinte 21.

26.  Voir Pl. VI, 4 et 5.

27.  Comme SK peinte 20.

28.  Voir Pl. VI, 2 E, 11 A et SK peinte 6.

29.  Ce signe n’apparaît pas en DN III, sauf si on accepte de le rapprocher des signes de la Pl. VI, 17.

30.  Ce signe n’est peut-être pas le même que SK peinte 23 et 31. Voir le commentaire de la Pl. VI, 10.

31.  Ce signe est identique à SK peinte 23.

32.  Voir Pl. VI, 13 B.

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*     *

Inscription DN V
(Pl. IV)

Pl. IV:
Pl. IV

DN V se compose de deux lignes gravées perpendiculairement à DN III, sur le côté droit de celle-ci. Il n’en existe pas de photo. Nous en donnons le fac-similé Pl. IV.

Nous avons commenté les signes de DN V en même temps que les signes figurés dans le tableau de la Pl. VI.

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